Equipage Prince de Bretagne / Skipper Hervé Cléris
Christophe Dietsch
Charles Mony
Gaël Simon
Arrivé le 03/08/2008 à 04:32:41
Temps de course : 13j 13h 32min 41s
3e Place
13 jours et 13 heures pour parcourir les 2850 milles théoriques de cette 7eme édition de la transat Québec Saint-Malo, avec un finish haletant entre Prince de Bretagne et Imagine pour la seconde place. A 12h de l’arrivée, les gûmes bretons accusaient un retard de 88 milles ramené à moins de 30 milles sur la fin…
C’est dans la nuit du 4 au 5 novembre 2007, dans la foulée du départ de la transat Jacques Vabre que la décision a été prise de participer à cette édition spéciale de la Québec Saint-Malo, objectif : un podium. Un objectif raisonnable mais pas pour autant évident et les épreuves n’ont pas manqué.
Le timing était serré. Le nouveau mat carbone reçu et monté le 12 juin, mise à l’eau le 16 juin dans le bassin de Morlaix, première et unique sortie de réglage avant le convoyage le 19 juin, départ convoyage le 23 juin.
La grande nouvelle du 20 juin : nous avons enfin un sponsor titre en la personne de Prince de Bretagne ! Non seulement nous faisons la promotion des légumes frais bretons, ce qui avouons-le, en terme de sponsoring n’est pas la pire des épreuves, nous avons un nom joli qui attire l’affection où nous passons, nous sommes soutenus par une structure de communication dynamique et … nous comblons une partie non négligeable des investissements financiers essentiels à la préparation du bateau. D’ailleurs dans cette perspective, saluons également l’implication financière de Creaform, entreprise québécoise high tech positionnée sur les scanners 3D, dont l’étonnant big boss était membre de l’équipage.
Le convoyage est déjà une course, il faut rallier Québec le 10 juillet au plus tard mais les conditions météo vont en décider tout autrement. Des conditions plutôt violentes ou parfois l’équipage doit mettre le bateau à sec de toile et partir en fuite pour ne pas faire face au front. Lorsque ça dure 48 heures, c’est long, ça rallonge les routes et retarde d’autant l’arrivée tout en diminuant les stock de vivres et de fuel. Il y aura ainsi une étape salutaire et brève de 4 heures à Saint Pierre et Miquelon, où le bateau fera le plein des éléments précédents et de chaleur humaine.
Mais ce n’est pas gagné pour autant puisque les 400 milles à parcourir pour remonter le Saint Laurent vont offrir des conditions de vent de face, voire pas de vent, mais du courant, du courant dans le nez les 2/3 du temps, qui vont entamer les réserves de fuel et de psychisme.
Une équipe à terre va partir à la rencontre du bateau vers le nord de l’Ile d’Orléans pour le treuiller et faire gagner quelques heures de sommeil. L’arrivée à Québec de nuit est absolument hallucinante. Il faut se mettre à la place d’un ancien équipage de marins ayant traversé l’océan à la découverte de nouveaux territoires tout d’un coup confrontés à cette montagne bulle de lumière reflétée, de building modernes, de fortifications et de châteaux éclairés et l’on ne peut que se dire qu’ici la fortune nous attend ;)
Prince de Bretagne rallie ainsi les pontons du port de Québec le 16 juillet dans la nuit.
Les 3 jours suivants, le ponton va voir défiler une équipe de joyeux lurons et luronnes québécois et français venus prêter main forte à l’équipage pour finaliser la préparation. Désormais Prince de Bretagne arbore ses couleurs et ses gûmes, et attise la curiosité des petits et des grands, des grands qui se cachent souvent derrière les petits pour en savoir un peu plus. L’énergie du groupe est énorme et la check list se voit rapidement amputée jusqu’à la dernière ligne. C’est une période effervescente très agréable, conclue en point d’orgue par le baptême du Prince de Bretagne par Mike Birch, ami de longue date d’Hervé.
Dimanche 20 juillet, matin, le bateau s’éloigne du ponton chargé de toutes ces émotions à destination de la ligne de départ. Un départ qui va laisser aux spectateurs le temps d’apprécier le spectacle car les conditions de vent sont très faibles. L’équipage est prudent, bien en amont de la ligne de départ pour ne pas prendre le risque de se laisser embarquer par le courant qui pourrait nous amener à franchir la ligne avant l’heure, l’absence de vent rendant la remontée à contre-courant quasi impossible. C’est à dire que dans le pire des cas, nous aurions à attendre la bascule des courants, soit plusieurs heures…
Mais ça n’arrivera pas, et quelques heures plus tard, à 3h du mat’ en France, nous arborons la première place officielle (la crêpe rouge n’est pas localisée). En fin de nuit, c’est l’épreuve de la Malbaie, une zone du fleuve qui porte bien son nom pour nous : impossible pour le bateau de rejoindre la risée qui embarque le reste de la flotte. En quelques heures, nous venons de prendre 20 milles dans les dents, 20 milles qui signifient bien plus à la sortie du Saint-Laurent, 20 milles contre lesquels l’équipage va se battre jusqu’au bout…
Près de 9 mois après cette volonté de s’engager sur la transat Québec Saint Malo 2008, l’objectif est atteint : le trimaran d’Hervé Cléris et Prince de Bretagne sont sur le podium !
Merci à toutes et tous de votre présence et de vos soutiens, dans le forum, par email, téléphone, de visu, nous pouvons tous être fiers de cette aventure, et commencer à préparer la suite…































